Développement de l'enfant

Mieux accompagner les jeunes en souffrance

La souffrance des jeunes

À travers le prisme des chiffres de tentatives de suicide, Solidaris épingle un mal-être croissant chez les jeunes et prône pour un meilleur accompagnement de cette souffrance. 

En février 2021, le Ligueur réservait sa « une » au mal-être des jeunes. Vie sociale en cercle covidien. Tensions en vase clos. Le cocktail était explosif. « Les jeunes en bavent », titrions-nous. Des chiffres, depuis, sont venus renforcer le constat.  
C’est encore le cas avec une étude publiée par Solidaris en cette mi-novembre. Le mal-être des jeunes y est analysé dans sa forme la plus extrême, celle qui mène à la volonté d’en finir avec la vie. La mutuelle s’est penchée sur les admissions à l’hôpital pour tentative de suicide (en abrégé APTS). Enseignement majeur : « L’analyse par tranche d’âge au niveau national est sans appel : c’est parmi les jeunes âgés de 13 à 24 ans que la proportion d’affiliés ayant été admis pour tentative de suicide est la plus importante ». 

« Il faut réduire les tabous encore très importants autour du phénomène du suicide »

Plus alarmante, la tendance des APTS pour les jeunes est à la hausse, affichant une courbe tout à fait anormale par rapport aux autres tranches d’âge. « Parmi cette tranche d’âge, le taux d’affiliés avec APTS a pratiquement doublé entre 2013 et 2024, passant de 0,78‰ à 1,45‰ ». 
Dans son plaidoyer, Solidaris prêche pour un meilleur suivi des populations plus vulnérables face au suicide (les plus précarisés, les femmes, les personnes en invalidité, les familles monoparentales et… les jeunes). La mutuelle insiste également sur la « déstigmatisation des troubles de santé mentale », l’objectif étant de « réduire les tabous encore très importants autour du phénomène du suicide ». Au rayon des bonnes initiatives, celle du dispositif des « Sentinelles » est épinglée. Lancée par les services de l’ASBL Un pass dans l’impasse, elle permet à des volontaires de devenir acteurs ou actrices de prévention en étant formé·es à à la détection « parmi son entourage, ses proches, ou encore son environnement de travail, des personnes en situation de détresse ».    
Au-delà de la prévention et de la sensibilisation, Solidaris plaide pour un renforcement et une amélioration de la prise en charge des jeunes en mal-être. Elle préconise notamment une augmentation du nombre de lits pédopsychiatriques accessibles aux enfants jusqu’à 18 ans et non pas jusqu’à 15 ans, comme c’est le cas aujourd’hui. Elle demande aussi à revoir leur répartition en Wallonie. Un tiers de ces lits est pour l’instant concentré dans le seul Brabant Wallon. Un dossier que nous suivrons au Ligueur

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