Santé et bien-être

Au royaume de la norme olfactive

En cette époque où leur image obsède nos ados, l’odeur n’échappe pas aux considérations

En cette époque où leur image obsède nos ados, l’odeur n’échappe pas aux considérations. En périphérie, tout un tas de questions essentielles sur ses propres effluves, celles des copains-copines et de la façon la plus efficace, non pas de les combattre, mais de ne pas sortir du rang.

On l’entend beaucoup de la part des spécialistes, dermato ou endocrino : les ados consultent de plus en plus. Terriblement inquiets et inquiètes. L’odeur, leur odeur, fait partie de cette apparence qu’ils chérissent tant. « Ils ont besoin de se situer, nous apprend Marine Matthews. ‘Je sens quoi par rapport aux autres ? Est-ce que mon odeur peut gêner mes petits camarades’. Ce sont des questions qui peuvent devenir obsessionnelles. Cela fait éminemment partie de leur processus de construction. »
Il règnerait donc comme une petite angoisse sourde, à ne pas négliger en tant que parents. D’ailleurs, y a-t-il matière à s’inquiéter ?

De quoi donner des sueurs froides aux parents

Dans une large majorité des cas, pas d’inquiétude. Sauf si transpiration anormalement abondante (mains, pieds, etc.). On parle alors d’hyperhidrose, soit une affection bénigne très gênante dont on ne connaît pas vraiment la cause. Côté sudation toujours, il arrive parfois qu’elle soit unilatérale, d’un seul côté du corps. Parfois, elle peut-être colorée, dite chromidrose. Ces cas de figure, plutôt rares, doivent attirer l’attention du parent. Dans ce contexte, n’hésitez pas à consulter un·e spécialiste.
Si vous remarquez un fumet trop envahissant, essayez d’abord de voir si tout est en ordre côté hygiène. Aussi, vous êtes plusieurs parents à nous faire part de vos points de vigilance. Côté alimentation, par exemple, Céline*, maman de deux ados de 13 et 16 ans, nous partage quelques petits trucs qui ont fonctionné chez elle.
« Ma fille aînée dégageait un truc indescriptible. C’était vraiment gênant, on était sur de l’asperge au roquefort… Le jour où l’on a réduit tout ce qui est protéines animales, épices, oignons, on a senti une amélioration. Autre facteur, je trouvais que les odeurs étaient amplifiées par les sous-vêtements synthétiques. J’ai tout balancé et opté pour des culottes, des soutifs, puis des T-shirts en coton. On a réellement vu le changement. Enfin, mes filles se sont mises au yoga. Elles sont plus relax depuis. Je suis certaine que réduire l’anxiété, ça aide aussi. »
Conseils qui ne coûtent rien à tenter, mais notre dermato l’affirme, il règne malgré tout une grande inégalité olfactive. Tiens, comment on en parle justement ?

La moquerie, c’est ça qui sent mauvais

D’abord, avant de vous lancer dans ce délicat combat contre les mauvaises odeurs, voyez où se situe votre grand enfant. Si ça ne le ou la dérange pas, inutile de se focaliser dessus. Attention tout de même aux moqueries. En classe, la proximité donne lieu à quelques railleries. Les réputations se bâtissent en un clic et sont moins faciles à défaire. « Les filles sont souvent plus visées que les garçons, remarque Marine Matthews. Lire le Parfum de Patrick Süskind sur la question de l’identité par l’odeur, ça peut être une bonne approche. »
L’occasion, aussi, d’avoir une discussion sur l’hygiène. Et d’expliquer cette différence. Redire qu’on est inégaux face aux bactéries et que participer à une moquerie générale, c’est participer à une injustice. D’ailleurs, c’est cet esprit d’ouverture et de douceur que les protagonistes de cet article recommandent aux parents de rester mesurés. De contourner le champ lexical très imagé de la pestilence. De ne pas affirmer. Tenter plutôt des approches interrogatives. « Peut-être que l’on peut essayer de… », « Tiens, et si on tentait tel déo, ça te dit ? ».

*prénom modifié

EN PRATIQUE

La solution naturelle maison

La recette naturelle de la dermatologue Marine Matthews : une poignée de sauge dans un litre d’eau bouillante. Soit vous la faites boire en tisane aux mal-odorant·es, soit vous l’administrez en compresse que vous passez sur toutes les zones transpirantes. La sauge étant un régulateur de transpiration naturel. Pas de remède miracle, on vous l’a dit, n’hésitez donc pas à faire, comme vous le…sentez. En cas de doute, référez-vous à un médecin et méfiez-vous des sites qui ressemblent à des sites d'infos et qui vendent des produits miracles, ils sont hébergés le plus souvent par des sites marchands sans scrupule.

l'apparition des premières odeurs de transpiration chez les ados

Santé et bien-être

Pouah, mon ado pue : au royaume des senteurs disgracieuses