Développement de l'enfant

15 idées pour vous faciliter la vie… et celle de votre enfant (21-23 mois)

Des pistes pour vous aider avec un enfant de 21-23 mois

1. « C’est moi dans le miroir ! »

C’est à partir de 1 an et demi (parfois, un peu plus tard) que l’enfant se reconnaît dans le miroir, qu’il prend conscience qu’il s’agit de son reflet. Bien sûr, bien avant cela, il s’agitait devant le miroir. Son reflet l’intéressait, l’amusait, l’intriguait. Comme s’il y avait un autre enfant en face de lui, tout à fait semblable à lui, qui bougeait comme lui. Il observait cet autre, jusqu’à le chercher derrière le miroir. Et puis, il approchait sa main pour le toucher. Il collait sa bouche sur la surface polie pour lui donner un bisou. Un petit test à tenter : mettez discrètement un peu de rouge à lèvres sur le nez ou le front de votre loulou ; si, devant le miroir, il se touche le nez ou le front pour enlever la tache, c’est qu’il a réalisé que c’est son image qu’il a en face de lui. En atteignant le « stade du miroir », il prend conscience de son corps, de son entièreté, de lui en tant qu’individu distinct des autres.

2. Sortir, prendre l’air et bouger

Monter le petit escalier qui mène au toboggan, puis se laisser glisser sur le plan incliné, grimper jusqu’à la plateforme et regarder le paysage de là-haut, descendre la petite échelle, se balancer, sauter… Les petits de bientôt 2 ans s’éclatent parmi les équipements de jeu en plein air qui sont adaptés à leur âge et parfaitement sécurisés. Ils ont envie de tout essayer, mais doivent parfois vaincre leur peur pour se lancer. Aux parents, alors, de leur apporter une présence sécurisante… mais de ne pas trop les guider (et donc, de ne pas systématiquement leur donner la main). En effet, c’est plus intéressant, pour eux, de trouver leur équilibre, leur stabilité et leurs repères par eux-mêmes.

3. Des mots, et encore des mots

Que de chemin parcouru depuis que votre enfant a prononcé ses premiers mots vers 1 an ! La période de l’explosion du vocabulaire s’étend de 18 mois à 30 mois environ. En peu de temps, il produit énormément de mots nouveaux. Et puis, il y a la quantité phénoménale de mots qu’il comprend. Bien sûr, il y a des variations d’un enfant à l’autre. Et, bien sûr, on ne le répétera jamais assez, c’est dans l’interaction avec vous et les autres personnes qui lui sont familières qu’il apprend à parler.

4. Chansons, comptines et pas de danse

Votre enfant en connaît, des chansons et des comptines. Quoi de plus normal : vous les lui chantez et récitez depuis si longtemps ! Il les a en tête et adore les reprendre avec vous. Il adore aussi se trémousser sur tous ces rythmes connus.

5. Des livres, lus et relus

Pour votre enfant, retrouver toujours la même histoire est rassurant. D’une lecture à l’autre du même livre, il réentend les mêmes mots, redécouvre les mêmes rythmes, revoit les mêmes images, et toutes ces répétitions le sécurisent. Le fait de lui lire inlassablement la même histoire lui permet de la « mémoriser », d’en faire quelque chose de permanent avec lequel il va pouvoir « jouer » quand il en aura besoin. Par exemple, lors du coucher, moment de séparation qui peut l’angoisser. On voit toute l’importance du tendre rituel de l’histoire du soir… Tandis que vous quittez sa chambre, votre enfant peut se dire : « Je suis rassuré. Comme les histoires que j’aime reviennent, les personnes que j’aime vont, elles aussi, revenir. » Il peut ainsi plus facilement affronter la solitude et apprivoiser la nuit. Aux côtés de son doudou, s’il en a un…

6. Jouer avec tout et rien

Récipients en plastique, cuillères en bois, petites et grandes casseroles, ballons, gros blocs, puzzles en bois à tenons, chariot à roulettes, draisienne, nounours, gros crayons… La panoplie de jeux et jouets est très large à 21-23 mois. Manipuler, bouger, expérimenter, être concentré (sur une histoire ou son dessin)… tant d’activités peuvent intéresser votre petit bout d’homme ou de femme.

7. Votre enfant découvre son corps, son sexe

Il est en pleine exploration de lui-même, et c’est bien naturel. Il se touche, se regarde, se compare avec ses éventuels frères et sœurs, avec sa maman, son papa. Il prend conscience des sensations que son corps et son sexe lui procurent. Autant d’expériences qui vont l’aider à comprendre qui il est, à quel sexe il appartient, quelles différences il y a entre les filles et les garçons, entre les adultes et les enfants.

8. Des régressions sont possibles

Un bébé agrandit la famille et concentre toutes les attentions ? Jalousie du côté de votre « grand » enfant… et il pleure plus, a besoin de plus de câlins et ne fait plus seul tout ce qu’il faisait seul. Il peut redevenir un bébé pour d’autres raisons. Ne mobilise-t-il pas beaucoup d’énergie pour apprendre plein de nouveaux mots, parce que ça bouillonne dans sa tête… ? Alors, parfois, cela lui fait du bien de régresser un peu. Il ne s’agit pas de vous provoquer, de vous énerver ou de vous tester. Il se relâche juste, le temps de saisir – avec votre aide – combien grandir, c’est passionnant.

9. Si votre enfant est né prématurément…

Vous continuez à tenir compte de son âge corrigé pour tout ce qui concerne sa croissance et son développement psychomoteur. Cette correction sera maintenue jusqu’à ses 2 ans environ. On y est presque…

10. Droitier ou gaucher ?

Votre enfant est encore ambidextre, c’est-à-dire qu’il se sert de manière égale de ses deux mains. Généralement, la latéralité se marque clairement vers l’âge de 3 ans, avec des fluctuations encore après. Elle est stabilisée vers l’âge de 5 ans, quand l’enfant, en 3e maternelle, commence à écrire. Pour l’heure, il est donc inutile, et même mauvais, d’essayer d’influencer votre loulou pour qu’il utilise un côté plutôt que l’autre.

11. Manger ensemble, un plaisir partagé

Votre enfant mange presque tout seul maintenant : il se débrouille plutôt bien avec la cuillère, même si, parfois, il préfère saisir les aliments avec les doigts. Installé dans sa chaise haute, il prend de plus en plus part aux repas familiaux. La façon d’être des adultes à table deviendra son modèle. Et il pimentera les repas avec sa bonne (ou mauvaise) humeur. Décidément, manger ensemble, c’est bien plus qu’assouvir sa faim.

12. Ah, l’histoire de la propreté…

C’est votre enfant qui en est l’acteur ! En effet, l’acquisition de la propreté est un processus naturel propre à chaque enfant, une affaire de maturité neurophysiologique et psychique. Vous, ses parents, l’accompagnez juste dans cette aventure. Juste ? Votre rôle est essentiel : vous lui montrez la voie, vous l’encouragez, vous lui faites confiance. Peut-être que, dans sa crèche, les puéricultrices l’y intéressent déjà. Peut-être que vous faites de même. Peut-être est-il lui-même grandement intéressé par la chose. Mais rien ne presse. Faire du forcing est contre-productif. Dites-vous aussi que lui montrer la voie maintenant, c’est accepter qu’il puisse momentanément refuser de la suivre.

13. En crèche, les petits sont sensibles à la justice

En collectivité, les puéricultrices sont attentives aux particularités de chaque enfant. Elles s’adaptent aux besoins de chacun. Les enfants, eux, ont besoin qu’on les traite de manière égale, ils réclament de l’équité : recevoir chacun la même part de cake, pouvoir chacun profiter du même jouet, bénéficier chacun de quelques minutes privilégiées avec une puéricultrice lors du change… Aux puéricultrices de les aider à patienter et à intégrer l’idée que chacun aura son tour.

14. Votre enfant a-t-il une place dans une école maternelle ?

Si ce n’est pas encore le cas, il est plus que temps de vous renseigner auprès des écoles qui vous intéressent. Parce que chaque école, dans l’enseignement maternel, a ses procédures d’inscription – démarches, timing… Les explications dans le précédent Ligueur et mon bébé.

15. Besoin d'un(e) baby-sitter pour votre enfant porteur d'un handicap ?

Une solution précieuse : la Ligue des familles organise un service de baby-sitters âgé(e)s de 18 ans et plus spécifiquement dédié(e)s à ce genre de situation. Son nom : Extrasitting. Ils et elles sont sélectionné(e)s, sensibilisé(e)s, encadré(e)s et assuré(e)s. Toutes les infos sur www.liguedesfamilles.be/extrasitting.

Avec Catherine Ghion, infirmière, Bénédicte Guislain, kinésithérapeute pédiatrique, Marguerite Landsberg, pédiatre, et Reine Vander Linden, psychologue clinicienne